Non,non et non, je ne veux pas aller demain à l'école, pensa Jennifer, car elle avaut tout entendu de la conversation de ses parents. En faite, je ne veux plus JAMAIS y retourner. Le seul moyen pour ne pas avoir à y aller, c'est de ne pas être avec mes parents, et pour ne pas être avec mes parents, je ne dois pas être chez moi. Je sais je vais fuguer ! Se faisant plus silencieuse qu'un chat, elle se faufila dans la chambre de ses parents pour leurs piquer un peu d'argent. Je ne fais que l'emprunter, pensa-t-elle, la gorge nouée.
elle retourna dans sa chambre. Que faire maintenant ? Partir ? Non, pas tout de suite. Je dois d'abord écrire un mot pour mes parents, se dit-elle. Elle prit le premier cahier qu'elle trouva et y déchira la page du milieu.
Brouillon de lettre:
Chers parents, j'ai décidé de partir, mais je ne vous l'ai pas dit, vous n'auriez pas voulus. je vous enverrais une carte postale. Bizoux, Jennifer<< Non, sa ne va pas ,>> et elle mit le brouillon à la poubelle. Une dizaine de pages et de brouillons plus tard, elle tomba sur son devoir de math qu' elle n'avait pas fini la veille. Mais, contrairement à la logique : quand on ne finit pas quelque chose, elle n'est pas finie, le devoir s'était fini, écrit d'une petite écriture penchée et maladroite. L'écriture de Marie. Elle lut rapidement l'exercice, convaincue d'avoir eu une halucination. Mais ça n' en était pas une. Et en plus, l'exercice devait être juste, car Marie avait démontré que toutes ses réponses étaient justes. En voyant cette écriture, elle se rappela de Lydia, une copine d'enfance. Elle avait été enlevée. On ne l'avait jamais retrouvée. Et alors, elle se rendit soudain compte des risques qu'elle prenait. Et si je ne revenais jamais, pensa-t-elle, affolée, et elle entreprit de garder un souvenir de chacun. Pour ses parents : une photo, pour sa soeur, l'exercice de math, et pour son frère.........Le Tableau, s'écria-t-elle, silencieusement. Il était toujours à l'endroit où elle l'avait posé quelques années plutôt, quand Franck n'était pas encore entré à l'université, section art visuel. Franck avait toujours été très doué en peinture, en dessin, etc. Il avait même obtenu une bourse pour ça. Elle décrocha le tableau du mur et le mit avec les autres affaires, dans un sac-à-dos. Elle regarda sa montre : il était près de minuit. Jattends que tout le monde se soit bien endormi. Une heure.......ou deux pas plus, se dit Jennifer.
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Quelques heures plus tard.
Bon,quand faut y aller, faut y aller, Jennifer était anxieuse : Et si cela ne marchait pas, et si j'avais fait tout ça pour rien ? Le bracelet-montre de Jennifer indiquait 02:54. A cette heure, tout le monde dormait chez Jennifer. Elle ouvrit la fenêtre. Elle voulait sauter mais elle était au deuxième étage de sa maison. Elle allait accrocher une corde qui pendrait au cas où. Sinon, elle ferait comme les alpinistes. Mais le problème n'était pas là. Le problème, c'était de ne pas tomber. En pensant cela, elle c'était doucement engagée sur le rebord de la fenêtre. Elle regarda une dernière fois sa chambre. Elle avait tout. Le sac-à-dos, avec les souvenirs dedans et l'argent. Elle n'avait pour finir pas écrit de lettre à ses parents. Cela aurait été trop triste.
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Arrivée en bas, elle sortit du jardin en faisant attention de ne pas faire grincer le portail. Elle se mit à courir mais elle ne savait pas où elle allait,elle pensait juste à mettre le plus de distance possible entre elle et la perspective de retourner à l'école et de revoir Cloé. Elle allait où ses pieds la menait. Elle arriva donc,quelques minutes plus tard devant l'immeuble de Natalie. Une idée avait germé dans son esprit quand elle courait : elle allait aller voir Natalie mais une chose l'en empêcha. Elle vit de la lumière dans la chambre de Natalie. Deux ombres passèrent. C'était sans aucun doute celles de Natalie et Cloé qui faisait une nuit blanche. Jennifer avait eu un court instant envie de parler de sa fugue à Natalie, mais cette vision l'en avait dissuadée.
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Jennifer arpentait les rues sombres et humides, cherchant un endroit où dormir. Elle finit par jeter son dévolu sur une petite impasse, où quelques chats somnolaient. Elle s'étendit, attendant le sommeil. Mais il ne venait pas. Un chat roux monta sur elle et lui souffla contre. Jennifer voyait bien qu'elle n'était pas la bienvenue ici. Elle partit donc, car plus elle s'éloignait de chez elle, moins on avait de chance de la retrouver.
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Cela faisait déjà un certain temps que Jennifer marchait. Elle était maintenant dans une petite banlieue, ou plutôt un bidonville. Le soleil s'était couché trois fois depuis son départ, et depuis elle n'avait rien mangé de chaud. Elle entra dans une pizzeria, prit un journal et s'assis. Elle regardait distraitement le journal, attendant le serveur. Soudain, un nom attira ses yeux :
JENNIFER LINDSAY, enlevée dans la nuit du 14 au 15 octobre, dans sa chambre
Jennifer, agée de 13 ans, cheveux noirs et bouclés a été enlevée dans la nuit du 14 au 15. L'inspecteur fait par de ses doutes au journaliste : <<
je pense que cela pourrait être une fugue. À cet âge on ne sait pas très bien. Mais je vais explorer les deux hypothèses >>.
L'article continuait, énumérant diverses choses, tel que son plat préféré, la couleur de ses yeux, etc. Mais tout se qui comptait pour Jennifer, c'est qu'on la cherchait, que l'on fasse attention à elle. Elle regarda par la fenêtre. La nuit ne tombera pas avant une ou deux heures, se dit-elle, j'ai le temps de rentrer chez moi. Car après trois jours de fugue elle s'était dit qu'il vallait mieux rentrer chez elle.
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Environ 1h30 après :
Il faisait sombre. Elle entendait le hululement des hiboux. Elle avait peur. Très peur même. Elle s'élança et courrut. Mais elle n'avait pas vu la voiture. Tout d'un coup, il fit noir, un noir profond, impénétrable, un noir froid, un noir de mort.